Calca
(Poghju di Galeria.)
Sò di Calca, sò calchesePiazzilellu di pastoriFarete contu di vedeFrà la machja è li so fioriTrè case culor'di meleCume l'antichi decori.
Calca da la so cullettaGuarda lu mare turchinuTandu li si pare tornad'esse suminatu à linuE rivede tale soleQuellu'ranu è quellu vinu...
Un ci canta più parniceRuzanu pochi cinghjaliA buciartula feliceSola trova li so scialiIn un soffiu l'onda diceUn sò più quelli pughjali
Cu e rinfie, o lamaghje,Chi u celu v'hà cuncessuAvete cupartu l'aghjePoi pigliatu pusessuDi tante orte cultivateCusi vole u sgiò prugressu,
Ma a natura per prigàUn n'hà bisognu di labreElla prega cu i fioriCù l'acelli eppo'cun l'apeDumanda torna pastoriI so cani è le so capre.
Lire en français
Traduction de travail, faite pour aider à la lecture. Le texte du poème reste le corse, ci-dessus. Elle n'a pas encore été relue par un corsophone.
Je suis de Calca, je suis calchese,petite aire à bergers.Vous croirez voirparmi le maquis et ses fleurstrois maisons couleur de mielcomme les décors d'autrefois.
Calca, depuis sa colline,regarde la mer bleue.Alors il lui semble à nouveauêtre semée de lin,et revoir sous le même soleilce blé-là et ce vin-là...
Il n'y chante plus de perdrix,peu de sangliers y fouillent.Le lézard heureuxy trouve seul ses aises.D'un souffle, la vague dit :ce ne sont plus ceux du Poghju.
Avec vos ronces, ô broussailles,que le ciel vous a données,vous avez recouvert les airespuis pris possessionde tant de jardins cultivés.Ainsi le veut monsieur le progrès,
mais la nature, pour prier,n'a pas besoin de lèvres.Elle prie avec les fleurs,avec les oiseaux et puis les abeilles.Elle redemande des bergers,leurs chiens et leurs chèvres.
« Buciartula » est le lézard. « Pughjali » désigne les gens du Poghju. « Rinfie » est incertain : sans doute une plante envahissante, comme la ronce ou l'asphodèle. « U sgiò prugressu » : monsieur le progrès, ironique.
Pourquoi ce chant
Trois maisons couleur de miel, plus de perdrix, la ronce qui recouvre les aires à blé au nom du progrès. Le poème est un constat d'abandon, et il ne fallait donc presque personne pour le chanter : une voix, un bourdon, du vent. La dernière strophe, où la nature prie avec les fleurs et les abeilles, s'adoucit sans se consoler.
Dans le recueil