Mareghju
Bastia, 1994
Mareghju,E to strisce cambienteParlanu d'orienteE d'un sole nascenteIn un locu di fole.
Mareghju,In le to bianche scumeCi nasce lu parfumeDi un paese di lumeAl di là di stu sole.
Mareghju,A tè m'arreghju à senteTandu in lu mio punenteAccendi stelle spenteE più nulla un mi rode.
Mareghju,Tale un soffiu supranuTù mi porti luntanuIn l'eternu viranuInduv'ell'un si pò chjodeIn un locu di foleAl di là di stu sole...
Lire en français
Traduction de travail, faite pour aider à la lecture. Le texte du poème reste le corse, ci-dessus. Elle n'a pas encore été relue par un corsophone.
Mareghju,tes bandes changeantesparlent d'orientet d'un soleil levantdans un pays de contes.
Mareghju,dans tes écumes blanchesnaît le parfumd'un pays de lumièreau-delà de ce soleil.
Mareghju,c'est toi que je m'arrête pour écouter,alors, dans mon couchant,tu rallumes les étoiles éteinteset plus rien ne me ronge.
Mareghju,comme un souffle d'en hauttu me portes au loin,dans l'éternel printempsoù rien ne peut se refermer,dans un pays de contes,au-delà de ce soleil...
« Mareghju » désigne la houle, le mouvement du large ; le mot est gardé tel quel dans le titre du chant. Le verbe « m'arreghju » du troisième couplet joue avec ce nom, jeu de mots impossible à rendre en français.
Pourquoi ce chant
Chaque strophe commence par appeler la mer par son nom, comme une invocation, et le poème dérive vers un ailleurs qui ne se referme jamais. J'ai cherché l'apesanteur plutôt que la houle : une voix qui flotte sur un bourdon, une guitare cristalline, une réverbération large. La voix de femme qui vient doubler la dernière strophe ouvre l'horizon au moment où le texte parle d'éternel printemps.
Dans le recueil