Tristezza
Cum'è la strughje la nevePianu pianu è via viaS'hè spentu lu nostr'amoreChi tamantu mi pariaE da tandu in lu mio coreUn ci regna che sicchia
Cum'è lu core lu focuPrestu lestu è traditoreIngrandata hè la mio penaSpartu s'hè lu mio duloreCusi la mio giuventùVà sicchendu cum'un fiore.
Principiava l'auturniuSettembrone si muriaFù tandu chi l'aghju persuQuellu sguardu di MariaIn lu quale nott'è ghjornuUna stella ci lucia.
Sguardu neru rilucenteCume le notte stillateDuie labbre chjerasgineE di mele prufumateMi paria o MariaA regina di le fate.
Quand'è lu more l'amoreCi hè da perde la ragioneTandu l'avvene ci parePiù tristu che la prigioneNeru niellu cum'è mareSepoltu da lu nibbione.
Cume l'acellu ferituCh'un pò più stende lu voluOra vogliu strascinamiA la surgente di GoluE quassù intavunamiPer pudè finisce solu.
Perchè ditemi o SignorePatrone per celu è tarraQuandu tradisce l'amoreA vita hè cusi amaraPerchè un core pò pienghjeMentre canta la chitara?
Lire en français
Traduction de travail, faite pour aider à la lecture. Le texte du poème reste le corse, ci-dessus. Elle n'a pas encore été relue par un corsophone.
Comme la neige se défait,tout doucement et peu à peu,notre amour s'est éteint,lui qui me semblait si grand,et depuis, dans mon cœur,il ne règne que la sécheresse.
Comme le cœur, le feuest prompt, leste et traître.Ma peine a grandi,ma douleur s'est répandue,et ainsi ma jeunesseva séchant comme une fleur.
L'automne commençait,septembre se mourait,c'est alors que je l'ai perdu,ce regard de Marie,dans lequel, nuit et jour,une étoile brillait.
Regard noir et luisantcomme les nuits étoilées,deux lèvres de ceriseet parfumées de miel :tu me semblais, ô Marie,la reine des fées.
Quand l'amour se meurt,il y a de quoi perdre la raison.Alors l'avenir nous paraîtplus triste qu'une prison,noir de jais comme la merensevelie sous le brouillard.
Comme l'oiseau blesséqui ne peut plus déployer son vol,je veux maintenant me traînerjusqu'à la source du Goluet là-haut m'enfouirpour pouvoir finir seul.
Pourquoi, dites-moi, Seigneur,maître du ciel et de la terre,quand l'amour trahit,la vie est-elle si amère ?Pourquoi un cœur peut-il pleurerpendant que chante la guitare ?
« Sicchia » est rendu par « sécheresse ». « Nibbione » désigne le gros brouillard. « Intavunami » est incertain : peut-être s'enfouir, se terrer.
Pourquoi ce chant
Le premier poème du recueil est un chagrin d'amour de jeune homme : la neige qui fond, le feu traître, la jeunesse qui sèche comme une fleur. Il finit sur une question adressée à Dieu, pas sur une consolation. J'ai voulu une voix seule et une guitare, sans choeur ni tempo qui console, et une dernière strophe presque parlée pour que la question reste ouverte.
Dans le recueil