A Penta
Penta di Casinca, 1968
In cantone di CasincaRughjone di gran culturaDi vinu di prima trincaE di pecure in pascuraU mio nidu s'arripiccaNant'un scogliu à mezanura.
Di cantatti bella PentaA mio musa nun si stancaPer tè mai sara spentaA voce di parte mancaPintulacciu si diventaPer amor'à dilla franca.
Mi piacenu le to caseTutte cuparte di teghjeMi piacenu li to ghjorniM'incantanu le to veghjeIn lu to celu stillatuDi notte ci si pò leghje.
Per a "Chjappa" notte è ghjornuCanta l'acqua cristallinaU rusignolu ci cantaCi canta la cardellinaE vene à sopravulallaAncu l'acula marina.
Qui l'arba pare più finaCi si piacenu le violeCun pippette è pratellineA mezu à l'innaquaghjoleE l'alivi è li castagniLampanu à chi più ne vole.
In cerca di maraviglieSottu à lu sole è le stelleDicu dopu avè giratuForse le sette chjappelleUn ci hè megliu che a PentaIn tempu di rundinelle!
Lire en français
Traduction de travail, faite pour aider à la lecture. Le texte du poème reste le corse, ci-dessus. Elle n'a pas encore été relue par un corsophone.
Dans le canton de Casinca,grande contrée de culture,de vin de premier choixet de brebis au pâturage,mon nid s'accrocheà un rocher, à mi-hauteur.
De te chanter, belle Penta,ma muse ne se lasse pas.Pour toi jamais ne s'éteindrala voix de ma main gauche.On en devient pintulacciu,par amour, à le dire franchement.
J'aime tes maisonstoutes couvertes de lauzes,j'aime tes journées,tes veillées m'enchantent.Dans ton ciel étoilé,la nuit, on pourrait lire.
À la Chjappa, nuit et jour,chante l'eau cristalline.Le rossignol y chante,la chardonnerette y chante,et vient même la survolerl'aigle de mer.
Ici l'herbe paraît plus fine,les violettes s'y plaisentavec les pâquerettesau milieu des rigoles,et les oliviers et les châtaigniersen donnent à qui en veut.
En quête de merveillessous le soleil et les étoiles,je le dis après avoir faitpeut-être le tour des sept chapelles :il n'y a pas mieux que Pentaau temps des hirondelles !
« Teghje » sont les lauzes des toits. « Pintulacciu » est incertain : sans doute un habitant de Penta, au diminutif moqueur et affectueux. La « Chjappa » est un quartier ou une fontaine du village. « Le sette chjappelle » : les sept chapelles, expression pour dire le tour du monde.
Pourquoi ce chant
Le poète décrit son village accroché à son rocher, ses toits de lauze, ses nuits où l'on peut lire au clair d'étoiles, et conclut qu'après avoir fait le tour du monde il n'y a pas mieux que Penta. C'est une déclaration, pas une nostalgie : voix fière, choeur qui confirme à chaque fin de strophe, et une dernière strophe qui s'ouvre en grand.
Dans le recueil