Stefanu Luciani
Le maquis en automne
Le maquis en automne

Auturnu

Penta di Casinca, 1970

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Auturnu sì pittoreE cunosci lu valoreSi pò dì d'ogni culoreSappia chi lu to pinelluU pigliemu per mudellu.

Metti l'oru lu più finuGiallu quì culà giallinuRossu in là custi russinuIn la machja chi nun perdeMai mai lu so verde.

Incantu di le to spondeQuandu cascanu le frondeFarfalle di trè siconde...Sò muti li rusignoliMa ci hè buletri è sprignoli.

Un ci hè più malba nè viole...Ma tù dai à chi ne voleUva, mele, castagnole...Poi toccu San MartinuUn vinettu chjerasginu.

Dici à lu nostru core :Ti ramenti ? Eccu l'oreU spentu nun deve more!E fiurisci tanti è tantiSilenziosi campisanti.

Lire en français

Traduction de travail, faite pour aider à la lecture. Le texte du poème reste le corse, ci-dessus. Elle n'a pas encore été relue par un corsophone.

Automne, tu es peintreet tu connais la valeur,on peut le dire, de chaque couleur.Sache que ton pinceau,nous le prenons pour modèle.

Tu mets l'or le plus fin,jaune ici, jaunet là-bas,rouge plus loin, roussi ailleurs,dans le maquis qui ne perdjamais, jamais son vert.

Enchantement de tes rivesquand tombent les feuilles,papillons de trois secondes...Les rossignols sont muets,mais il y a des champignons.

Il n'y a plus ni mauve ni violettes...Mais toi, tu donnes à qui en veutraisin, pommes, petites châtaignes...Puis vient la Saint-Martinet un petit vin de sciaccarello.

Tu dis à notre cœur :Tu te souviens ? Voici l'heure.Ce qui s'est éteint ne doit pas mourir !Et tu fleuris tant et tantde cimetières silencieux.

« Buletri » et « sprignoli » sont des champignons, lecture incertaine. « Castagnole » sont les petites châtaignes. La Saint-Martin, le 11 novembre, est le moment où l'on goûte le vin nouveau.

Pourquoi ce chant

Le poète parle à l'automne comme à un peintre et lui énumère ses couleurs, l'or, le jaune, le rouge, avant de basculer : la dernière strophe fleurit les cimetières et dit que ce qui s'est éteint ne doit pas mourir. Toute la musique tient dans ce basculement, chaude et dorée d'abord, puis retenue, la voix presque éteinte sur les derniers vers.

Dans le recueil

La page du recueil où figure Auturnu
Pages 30 et 31
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