Stefanu Luciani
Penta di Casinca
Penta di Casinca

À a salute!

(a cuniscite a surgente di e Rutelle? No?... Chi piccatu!)

Penta di Casinca, 1970

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A dilla franca per BaccuBianculellu o chjarasginuMi ci vole ad'ogni pastuUna zucca è più di vinuMa à l'alba trècandelleDi l'acqua di eRutelle!.

Ingollu sette pastizziQuattru biere è un wiskyMa mai nun sò briacuVò dirittu cum'un iU sicretu è trècandelleDi l'acqua di eRutelle!

Un ricusu l'acquavitaPigliendu lu mio caffèA nisun'un cercu litaE sempre mi sentu bèPerchè beiu trècandelleDi l'acqua di eRutelle!

Spessu dice la mio sposaO Stè aiò piant'appenaM'hanu dettu che tu beiQuant'un tavone di renaIn più di e trècandelleDi l'acqua di eRutelle!

A dicu à chi vole senteMentre l'alba s'avvicinaUna tasa di surgentePò serve di midicina.À a salute è trècandelleDi l'acqua di eRutelle!

Lire en français

Traduction de travail, faite pour aider à la lecture. Le texte du poème reste le corse, ci-dessus. Elle n'a pas encore été relue par un corsophone.

Pour le dire franchement, par Bacchus,Bianculellu ou chjarasginu,il m'en faut à chaque repas,une gourde et plus, de vin.Mais à l'aube, troischandellesde l'eau desRutelle !

J'avale sept pastis,quatre bières et un whisky,mais jamais je ne suis ivre,je marche droit comme un i.Le secret, c'est troischandellesde l'eau desRutelle !

Je ne refuse pas l'eau-de-vieen prenant mon café,je ne cherche querelle à personneet je me sens toujours bienparce que je bois troischandellesde l'eau desRutelle !

Souvent ma femme dit :« Ô Stè, arrête un peu,on m'a dit que tu boisautant qu'un banc de sable. »En plus des troischandellesde l'eau desRutelle !

Je le dis à qui veut l'entendre,pendant que l'aube s'approche :une tasse d'eau de sourcepeut servir de médecine.À la santé, c'est troischandellesde l'eau desRutelle !

Bianculellu et chjarasginu sont des cépages corses, laissés tels quels. « Candella » est rendu par « chandelle », au sens du mince filet d'eau qui coule de la source.

Pourquoi ce chant

Le poème énumère tous les alcools que l'auteur tient sans broncher, puis revient à chaque strophe aux trois verres d'eau de la source des Rutelle. C'est une farce de table, pas une confession, et le clin d'oeil de l'épouse qui l'appelle « O Stè » ajoute la tendresse. J'ai voulu une chanson à boire menée par une voix seule, avec un choeur d'hommes qui reprend le refrain comme on trinque, guitare et mandoline, tempo qui donne envie de taper du pied.

Dans le recueil

La page du recueil où figure À a salute!
Pages 32 et 33
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