E Custole
(Piazzile di Babbò Dumenicu)
Galéria, 1956
Tengu caru li zitelliMi ramentanu le violeElli sò cume l'acelliIn le gabbie dette scoleSempre li cultiveraghjuCun amore si Diu vole.
Sentu batte à parte mancaSi pò di un' altru amoreEra fattu à dilla francaForse per esse pastoreE quassù pè le CustoleSpessu lu mio core corre.
M'arricordu à u cilenteTurchine sò certe stelleMi pare torna di senteTintinnà tintinnulelleL'abbaghji è li corri corriIntornu à le capanelle.
Sentu murmurà u ventuChi carezza à ValdunielluU so parfume lu sentuU cunoscu da zitelluMa per di ciò che risentuUn ci hè penna nè pinnellu.
Oghje l'arte pasturaleUn'attira più la ghjenteHè mutu quellu piazzileE la notte si pò senteL'ughjuli di l'agramantiFrà le so capanne spente.
Di tuttu quellu passatuUn ne ferma mancu speraO signore pampannutuAscultate sta prigheraRifiurisca in le CustoleU bellu tempu chi ci era!
Lire en français
Traduction de travail, faite pour aider à la lecture. Le texte du poème reste le corse, ci-dessus. Elle n'a pas encore été relue par un corsophone.
Les enfants me sont chers,ils me rappellent les violettes.Ils sont comme les oiseauxdans les cages qu'on appelle écoles.Toujours je les cultiveraiavec amour, si Dieu le veut.
Je sens battre à main gauche,on peut parler d'un autre amour :j'étais fait, à le dire franchement,peut-être pour être berger,et là-haut, vers les Custole,souvent mon cœur s'en va courir.
Je me souviens, à la fraîcheur du soir,certaines étoiles sont bleues,il me semble entendre encoretinter les clochettes,les aboiements et les coursesautour des cabanes.
J'entends murmurer le ventqui caresse le Valduniellu,je sens son parfum,je le connais depuis l'enfance,mais pour dire ce que j'en ressensil n'y a ni plume ni pinceau.
Aujourd'hui le métier de bergern'attire plus personne.Cette aire est muette,et la nuit on peut entendrele hurlement des bêtesentre les cabanes éteintes.
De tout ce passéil ne reste pas même une lueur.Ô Seigneur au feuillage épais,écoutez cette prière :que refleurisse aux Custolele beau temps qui fut !
Le nom du lieu, E Custole, est laissé tel quel. « Piazzile » est l'aire plane où s'installe une bergerie. « Agramanti » est incertain : peut-être les renards, ou les rapaces nocturnes. « Pampannutu » : chargé de feuillage, ici épithète du Seigneur.
Pourquoi ce chant
Le poète se souvient de la bergerie de Babbò Dumenicu : les clochettes, les aboiements, les cabanes, et le silence qui a tout remplacé. Les cloches de troupeau ne sont pas un effet, elles sont dans le texte. La deuxième voix entre quand arrive le souvenir, et le chant se termine en prière pour que ce temps refleurisse.
Dans le recueil