Veni o musa
Albertacce, 1956
Sempre maghju sbuccia fioriE fronde quantu ci hè stelleFendu rinasce l'amoriAncu pè le malacellePare chi pò fà sbucciassiU core di le zitelle.
Golu sempre per viaghjuSalta frà le petre tondeE sempre sottu à u soleSaranu turchine l'ondeMa di ciò chi fù viranuUn ritrovu più le stonde.
Ci pò esse un chjar' di lunaSopr'à Cintu rilucenteCanti puru un rusignoluNantu à l'olmu à u cilenteOghje nun vegu più nullaViaghju sempre à stelle spente.
Musa s'ella ti accunsenteDammi succorsu o caraPianu pianu in la mio menteFà sente la to chitarraChe no' possimu un mumentuAriulà sopr'à sta tarra.
Per me vali una furtunaMi cuntarè duie foleParlaremu di'a lunaDi e stelle è di u soleDi l'amore è di u mareE di ciò ch'ella ci pare.
Lire en français
Traduction de travail, faite pour aider à la lecture. Le texte du poème reste le corse, ci-dessus. Elle n'a pas encore été relue par un corsophone.
Toujours mai fait éclore des fleurset des feuillages autant qu'il y a d'étoiles,faisant renaître les amoursmême pour les mauves.On dirait qu'il peut faire éclorele cœur des jeunes filles.
Le Golu toujours en cheminsaute entre les pierres rondes,et toujours sous le soleilles vagues seront bleues.Mais de ce que fut le printempsje ne retrouve plus les heures.
Il peut bien y avoir un clair de lunequi brille au-dessus du Cintu,un rossignol peut bien chantersur l'orme, à la fraîcheur du soir,aujourd'hui je ne vois plus rien,je voyage toujours à étoiles éteintes.
Muse, si tu y consens,porte-moi secours, ma chère,tout doucement, dans mon esprit,fais entendre ta guitare,que nous puissions un momentprendre l'air sur cette terre.
Pour moi tu vaux une fortune,tu me conteras deux histoires,nous parlerons de la lune,des étoiles et du soleil,de l'amour et de la mer,et de ce qu'elle nous en semble.
« Malacelle » est incertain : sans doute les mauves. « Ariulà » est rendu par « prendre l'air », s'aérer.
Pourquoi ce chant
Le poème demande à la muse de faire entendre sa guitare, et de raconter deux contes sur la lune, les étoiles, la mer. J'ai pris cette demande au mot : la guitare répond vraiment à la voix, phrase après phrase, comme une conversation. Le poète y avoue qu'il voyage à étoiles éteintes, donc rien de brillant ici, juste une chaleur qui revient à la fin.
Dans le recueil