Ventu di Valduniellu
Albertacce, 1957
Tù chi frà i largi cantiLiberu più che l'acelluE chi cantendu m'incantiO ventu di ValdunielluForse canti per l'amantiDi u mare turchinellu?
Eiu cantu li pastoriCun tutte le pasturelleE quandu spunta la lunaPastora di tante stelleAdurmentu carizzenduI muvroni è le muvrelle.
Quandu pensu à l'impiccatiDi l'annu di a disgraziaO à « Ciuccia » di SidossiDa lu boia marturiataNe rughju cum'un lioneE Golu cun mè s'arrabbia.
Cantu sempre canteraghjuL'omu ch'un vole cateneLotta pè la so banderaPer i soi e per l'avveneAmante di LibertaiL'anima corsa mantene.
Mi ramentu chi l'antichiMi fisconu nantu à l'aghja...Ma quandu macingu neveGirgu è fiscu di rabbiaPinsendu à li patriottiDa la Francia messi in gabbia.
U soldu un lu cantu maiChi ghjè tarulu di coreMa cantu la fratellanzaChi face più belle l'oreQuella di u populu corsuPopulu ch'un vole more.
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Traduction de travail, faite pour aider à la lecture. Le texte du poème reste le corse, ci-dessus. Elle n'a pas encore été relue par un corsophone.
Toi qui, parmi les larges chants,plus libre que l'oiseau,et qui en chantant m'enchantes,ô vent de Valduniellu,peut-être chantes-tu pour les amantsde la mer toute bleue ?
Moi, je chante les bergersavec toutes les bergères,et quand se lève la lune,bergère de tant d'étoiles,j'endors en les caressantles mouflons et les mouflonnes.
Quand je pense aux pendusde l'année du malheur,ou à « Ciuccia » de Sidossimartyrisée par le bourreau,j'en rugis comme un lionet le Golu se fâche avec moi.
Je chante et chanterai toujoursl'homme qui ne veut pas de chaînes,qui lutte pour son drapeau,pour les siens et pour l'avenir.Amant de la Liberté,il maintient vivante l'âme corse.
Je me souviens que les anciensm'ont sifflé sur l'aire...Mais quand je souffle la neige,je gronde et je siffle de rageen pensant aux patriotesmis en cage par la France.
L'argent, je ne le chante jamais,c'est le ver qui ronge le cœur,mais je chante la fraternitéqui rend les heures plus belles,celle du peuple corse,peuple qui ne veut pas mourir.
« Muvroni » et « muvrelle » sont les mouflons mâles et femelles. « L'annu di a disgrazia » désigne une année de répression restée dans la mémoire du Niolu ; « Ciuccia » di Sidossi est le surnom d'une femme qui y fut suppliciée. « Macingu neve » est incertain : peut-être quand je broie de la neige, quand je souffle en tempête.
Pourquoi ce chant
Le poète interroge le vent, et le vent répond qu'il chante les bergers, puis la colère monte : les pendus, les patriotes mis en cage, la fraternité d'un peuple qui ne veut pas mourir. Le bourdon tient le souffle du vent d'un bout à l'autre, et le choeur entre au moment où le chant devient collectif, pas avant.
Dans le recueil