Stefanu Luciani
Pochette créée avec le chant

Carte false

Bastia, 1964

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Un ci vogliu più turnàA ghjucà pè la BastiaHè cusi chi capizzenduUn amicu mi diciaTravagliu per a pagnottaE ghjocu per a cagnotta.

Sia core o pur'dinaruSia picche o sia fioreSia puntu paru o sparuMai la carta un mi correNantu à u tappettu verdeEiu sò natu per perde.

Un mi parlate di fiereDi Niolu e di FrancarduAghju vintu certe sereO tamante pene in capuDi la sfurtuna sò sposuVò per tonde e restu tosu.

Mi ramentu quellu merruCarcu cume un zumpinaghjuSi hè sfrundatu cum'un peruDa Niolu à San BrancaziuHà vintu eppo' l'hè firmatuU cugnome di Pilatu.

Fornu fornu s'è ci tornuUn ci vogliu più turnàAddiu senza ritornuRami poker è BaccaràE sè ghjocu torn'à nasuCh'ellu mi caschi lu nasu!

Nasu poker è rami baccaràQuellu chi ghjoca si face pilà!

Lire en français

Traduction de travail, faite pour aider à la lecture. Le texte du poème reste le corse, ci-dessus. Elle n'a pas encore été relue par un corsophone.

Je ne veux plus retournerjouer du côté de Bastia :c'est ainsi qu'en hochant la têteun ami me disait.Je travaille pour la micheet je joue pour la cagnotte.

Que ce soit cœur ou carreau,que ce soit pique ou fleur,que le point soit pair ou impair,jamais la carte ne me vient.Sur le tapis vert,moi, je suis né pour perdre.

Ne me parlez pas des foiresdu Niolu ni de Francardu.J'ai gagné certains soirs,ou d'énormes soucis en tête.De la malchance je suis l'époux :je vais pour tondre et je reste tondu.

Je me souviens de celui-là,chargé comme un baudet,qui s'est effeuillé comme un poirierdu Niolu à San Brancaziu.Il a gagné, puis il lui est restéle surnom de Pilate.

Fini, bien fini, et si j'y retourne,je ne veux plus y retourner.Adieu sans retour,rami, poker et baccara,et si je joue encore, à mon nez,que le nez me tombe !

Nez, poker et rami, baccara :celui qui joue se fait plumer !

Les couleurs du jeu, cœur, carreau, pique, fleur, sont celles des cartes. « Merru » est incertain : peut-être un joueur célèbre, ou un mouton chargé. « Vò per tonde e restu tosu » : je vais pour tondre et je reste tondu, proverbe. « Fornu fornu » est incertain.

Pourquoi ce chant

Un joueur raconte qu'il est marié à la déveine, qu'il travaille pour la miche et joue pour la cagnotte, et il finit par jurer d'arrêter, sans y croire. C'est une chanson de café, pas une confession : guitare enlevée, mains qui tapent, et le distique final lancé comme un proverbe par toute la tablée.

Dans le recueil

La page du recueil où figure Carte false
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