Pensa corsu...
Penta di Casinca, 1980
Zitellu di CursichellaFigliolu di quelli antichiCh'amavanu l'isulellaA so machja è li so spighiStampa in la to mimoriaEd'in core la to storia.
Parla è scrivi o giuvintùSta bella lingua nustralePensa corsu è fà dinùCh'ella canti è sparghji l'aleSottu à lu sole e le stelleGirga le sette chjappelle!
A lingua di MaistraleDi Sebastianu d'AlzetuDi Minellu e MinicaleE di Rocchi di LoretuE di u finuminalePampasgiolu di l'Acquale.
Chi saria l'isulellaS'ellu si secca stu fiumePiù trista che l'orfanellaUn fiore senza prufumeUna mamma senza amoreUna stella senza lume.
Lire en français
Traduction de travail, faite pour aider à la lecture. Le texte du poème reste le corse, ci-dessus. Elle n'a pas encore été relue par un corsophone.
Enfant de Corse,fils de ceux d'autrefoisqui aimaient leur petite île,son maquis et ses épis,imprime dans ta mémoireet dans ton cœur ton histoire.
Parle et écris, ô jeunesse,cette belle langue de chez nous.Pense corse, et fais aussiqu'elle chante et déploie ses ailessous le soleil et les étoiles,qu'elle fasse le tour des sept chapelles !
La langue de Maistrale,de Sebastianu d'Alzetu,de Minellu et Minicale,et de Rocchi di Loretu,et de l'extraordinairePampasgiolu de l'Acquale.
Que serait la petite îlesi ce fleuve venait à se tarir ?Plus triste que l'orpheline,une fleur sans parfum,une mère sans amour,une étoile sans lumière.
Les noms de la troisième strophe sont ceux de poètes et de chanteurs corses, laissés tels quels. « Girga le sette chjappelle » est rendu par « qu'elle fasse le tour des sept chapelles », l'expression désignant un parcours qui embrasse tout le pays. « Finuminale » reste incertain : peut-être « phénoménal », au sens d'extraordinaire.
Pourquoi ce chant
Le poème s'adresse directement à la jeunesse corse et lui demande de parler et d'écrire sa langue, en citant les poètes qui l'ont portée avant elle. C'est un appel, pas une plainte : j'ai voulu une voix claire et droite, qu'un choeur rejoint à mi-strophe comme on se range derrière quelqu'un. La dernière strophe, qui imagine l'île sans sa langue, retombe presque à voix nue.
Dans le recueil